La charité nous presse !

Ce début d’année pastorale reste marqué par les inquiétudes et les incertitudes liées à la pandémie du Coronavirus qui semble vouloir jouer les prolongations. Si la prudence reste de mise en particulier pour les personnes dites « à risque », il ne faudrait pas que nous subissions cette crise en restant inactifs. Quelles que soient les contraintes qui lui sont liées, la mission continue. « Le monde est en feu » disait sainte Thérèse d’Avila, et il demeure urgent d’annoncer le Christ.

Comme j’ai pu une fois de plus le constater lors d’une récente rencontre avec des confirmands adultes, de nombreuses personnes ayant éventuellement reçu quelques rudiments d’éducation chrétienne, sont disposées à vivre une rencontre avec le Christ, et touchées de se découvrir infiniment aimées de Dieu. Si donc la situation sanitaire rend difficile les grands rassemblements, n’ayons pas peur d’investir dans des rencontres en petits groupes. Celles-ci favorisent des échanges en vérité et permettent aux participants de mettre des mots sur leur foi, sur leurs doutes ou leurs interrogations. Ces « petits cénacles » sont des lieux privilégiés pour faire l’expérience de la présence de Jésus. Ils favorisent le passage d’une foi trop extérieure ou statique, à une foi en mouvement, celle qui fait de nous d’humbles pèlerins.

Dans ce contexte, le tout récent Directoire pour la catéchèse et le catéchuménat, publié par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, donne de précieux repères. Ce beau texte – que je vous encourage à lire – précise et appuie les convictions que nous retrouvons souvent sous la plume du Pape François. Il s’agit en effet d’adopter résolument une pastorale kérygmatique qui favorise une rencontre avec le Christ, ainsi qu’une pédagogie de l’initiation qui ne se contente pas de transmettre un savoir mais initie aux différentes dimensions de la vie chrétienne.

Parmi elles se situe « la vie dans le Christ », qui ne consiste pas simplement à observer des règles mais à se laisser guider par l’Esprit Saint afin que toutes nos actions, nos paroles et nos pensées soient inspirées par la charité. Une charité qui ne met pas de barrières mais s’ouvre à l’universel, comme nous le rappelle le Pape François dans sa récente encyclique Fratelli tutti. « La charité nous presse », dit saint Paul. Soyons donc des diffuseurs de l’amour divin !

  + Olivier de Germay 
Evêque d’Ajaccio