Etudiants infirmiers d’Ajaccio à Lourdes

De gauche à droite : Laura Douet, Petru Albertini et enfin Louise Chauvin, infatigable serviteurs auprès des malades à Lourdes, mais surtout étudiants en école infirmière à Ajaccio. Partons à leur rencontre… 

Quel a été votre rôle pour l’accompagnement des malades en tant qu’étudiants infirmiers au pèlerinage de Lourdes ?

P.A : Mon rôle, en tant qu’étudiant infirmier au pèlerinage de Lourdes, était tout d’abord, le matin, de pratiquer les soins d’hygiène et de confort pour les patients qui ont une impossibilité totale ou partielle de les réaliser individuellement à cause d’une réduction des capacités motrices, d’aider à manger aux repas (petit déjeuner, déjeuner et dîner) en respectant les régimes propres à chacun, de distribuer les traitements et de les accompagner lorsqu’il y avait une messe ou une procession.

L.C : Notre mission en tant qu’étudiant infirmier a été l’accompagnement et le soin des malades qui viennent à Lourdes faire leur pèlerinage. Nous avons pu leur apporter des soins de bien-être mais nous avons tellement reçu en retour.

L.D : nous aidions à la prise des repas, aux soins d’hygiène, ainsi qu’au brancardage pour les diverses cérémonies religieuses.

Pourquoi vous êtes-vous portés volontaires ? 

P.A :  Je me suis porté volontaire pour ce pèlerinage car j’ai déjà eu l’occasion d’y participer l’année dernière, c’est une expérience que j’avais adorée l’an passé et qui m’avait énormément touché. j’ai donc voulu repartir une deuxième fois et pourquoi pas repartir une troisième fois l’an prochain si c’est possible ?

L.C : En tant que futur soignant, je pense qu’il est important de vivre des expériences humaines comme celle-ci. J’ai voulu participer à cette aventure pleine de rencontres, d’écoute, de partage réciproque et de collaboration avec les personnes accueillies. Etre étudiant infirmier à Lourdes,  c’est s’engager à vivre dans un esprit de fraternité.

L.D : Plusieurs raisons ont motivé ma participation au pèlerinage, des raisons personnelles, certes, mais pas uniquement. J’avais notamment l’envie de me mettre au service de l’autre dans un contexte différent.Je souhaitais les accompagner dans ce voyage, qu’ils attendent avec impatience le reste de l’année, et essayer d’en appréhender la raison. En un mot c’est l’envie de partage qui m’a animée.

Pourriez-vous exprimer votre ressenti, les moments forts lors de ce premier pèlerinage, votre expérience ? 

P.A : Il est assez difficile d’exprimer ce que l’on ressent à Lourdes car c’est une émotion particulière. On est présent avec les patients la plupart du temps et j’ai pu rapidement constater qu’ils ne se plaignaient jamais, quelles que soit leurs pathologies, la réduction de leurs capacités motrices, leurs souffrances physiques ou morales. Ils gardent toujours la foi ainsi que le sourire, ce sont des personnes qui sont heureuses de participer à ce pèlerinage. Personnellement, c’est une expérience très enrichissante et très forte en émotions. Je suis passé par différents états émotionnels : les rires lors de la petite fête organisée avec les hospitaliers et les patients, les pleurs lors des moments forts comme pour la messe de l’onction où il y avait une ambiance particulière. Et puis j’ai trouvé que nous avions une bonne cohésion de groupe avec mes collègues étudiants infirmiers ainsi qu’une très bonne entente avec nos cadres formateurs, l’infirmière et les hospitaliers, ce qui nous a beaucoup aidés. Je tenais donc à remercier toutes ces personnes que je viens de citer pour cette expérience exceptionnelle et inoubliable.

L.C :  Cette première expérience a été pour moi intense, unique. C’est à vivre au moins une fois dans sa vie pour mieux comprendre les malades. Si cela est possible je repartirai l’année prochaine avec grand enthousiasme. Il n’y a pas besoin d’être baptisé ou encore confirmé pour participer à ce pèlerinage, il faut être volontaire et accepter d’accompagner des personnes âgées et des malades dans cette démarche qui leur tient énormément à cœur. Une semaine  riche en  émotion, que je ne suis pas prête d’oublier.

L.D : Ce fut une très belle expérience, riche et intense émotionnellement, physiquement et humainement. Je ne fus pas déçue. Le soin prend ici une forme particulière : les patients ont toujours le sourire, et malgré leurs maux, refusent de se plaindre. C’est une belle leçon de vie qu’ils nous ont donnée ici. Je pense que l’on quitte Lourdes en ayant changé. Il y a eu énormément de moments forts pour mes collègues et pour moi-même, l’onction des malades pour n’en citer qu’un. Mais personnellement ce qui m’a le plus touchée, ce sont les sourires dont ils nous ont inondés cette semaine, ainsi que leur extrême gratitude pour des actes parfois anodins.

 

Propos recueillis par François-Antoine Isoni