Nourrir la flamme

En ce vendredi 8 décembre, en l’église de la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul à Ajaccio, à l’invitation de la pastorale des jeunes, une messe bilingue a été célébrée pour fêter l’Immaculée Conception de la Vierge Marie.

Le père Louis El Rahi, organisateur de cette messe le rappelait en introduction : « Nous sommes tous là, pour des raisons différentes, certains sont là pour la Vierge Marie, d’autres parce que cette journée symbolise pour la Corse un événement marquant de son histoire » mais, rajoute-t-il, « le plus important est que nous soyons unis dans cette église ».
Et force est de constater que l’appel du Père Louis a été entendu, une assistance intergénérationnelle nombreuse occupe les quelque 300 places de l’église.

C’est le père Joseph Fini qui a présidé cette messe, utilisant parfois la langue corse, il a proposé un cheminement, pour mieux faire comprendre quel sens nous devons donner à la tradition.
Il cita pour cela Gustav Mahler : « La tradition, c’est la préservation du feu et non pas la vénération des cendres. »
Il invitait l’ensemble des personnes présentes à se poser la question du véritable sens des traditions, notamment celles qui étaient en relation directe avec le Seigneur : en somme, ne pas s’arrêter à ce que nous voyons mais bien en constater la portée religieuse actuelle. Nous pouvons alors nous rapprocher de la vérité de ces traditions.

La jeunesse présente, venant de l’aumônerie de l’enseignement publique mais également de l’établissement Saint-Paul, ne fut pas spectatrice de cette célébration mais bien actrice du moment et de son importance. Bien préparés qu’ils étaient par le Père Louis, mais également par les professeurs du collège, Martine Riegert, Michel Solinas et Jean-Pierre Olari, les enfants ont fait honneur à leurs aïeux.
Car la tradition, c’est avant tout la transmission et le témoignage. Faire vivre les flammes, c’est donner aux jeunes générations l’image d’une Eglise vivante, accueillante et bienveillante.
L’assistance de cette soirée, priante et désireuse elle aussi de partager ce moment de foi avec les jeunes générations, en fut l’illustration parfaite.
La messe fut chantée par la confrérie St-Jean-Baptiste et celle du Padre Albini, toujours présentes pour aider le père Louis ; elles donnèrent elles aussi un magnifique message de tradition vivante et d’amour du Christ.

A festa di a Nazione, dans cette église d’Ajaccio, en ce 8 décembre, prit alors tout son sens. Il y a l’acte initial de nos aïeux, acte politique certes, mais aussi appel à la protection de la Vierge Marie et du Seigneur. La tradition, c’est donc de nous tourner nous aussi vers la Vierge et le Seigneur, pour qu’ils veillent sur notre île et conduisent notre Eglise. Pour qu’elle ne devienne pas cendre, nous devons ranimer sans cesse cette tradition. Les flammes doivent être ravivées avec le souffle du partage, dans l’amour du Christ.

Merci à tous les acteurs de cette belle communion, petits et grands, pour nous avoir ouvert les yeux. Ensemble nous avons cheminé, ensemble nous sommes allés vers le Seigneur.

Par François Grimaldi d’Esdra