Pentecôte : un souffle sur l’Église
Il y a des jours où l’Église ressemble à ce qu’elle est vraiment. La Pentecôte est l’un de ceux-là.
En ce dimanche, dans nos paroisses, des jeunes et des adultes reçoivent le sacrement de confirmation. Ils sont là, debout, un peu solennels, un peu intimidés, portant sur leurs épaules le poids léger d’une promesse qu’ils ne mesurent pas encore tout à fait. Et c’est très bien ainsi. L’Esprit Saint n’attend pas que nous ayons tout compris pour venir habiter nos vies.
Car voilà ce que nous risquons d’oublier, nous les adultes, nous les pasteurs, nous les catéchistes bien intentionnés : la grâce précède toujours notre compréhension. Le don de l’Esprit n’est pas la récompense d’une foi parfaite. C’est le commencement d’une vie nouvelle.
À Jérusalem, ce matin de Pentecôte dont les Actes des Apôtres gardent le souvenir brûlant, les disciples n’étaient pas des héros. Ils étaient des gens ordinaires, réunis dans une chambre haute, entre la peur et l’espérance. Et c’est précisément là — dans cet espace vulnérable entre ce que l’on était et ce que l’on ne sait pas encore devenir — que l’Esprit est entré, comme un vent violent, comme une flamme qui se partage sans se diviser.
L’Esprit souffle où il veut…
Nos jeunes et nos adultes confirmands porteront aujourd’hui quelque chose de cet événement fondateur. Non pas comme un souvenir de musée, mais comme une réalité vivante. L’Esprit qui a enflammé les apôtres est le même qui posera sa main sur leur front. La même onction. La même mission. La même folie douce de croire que l’amour peut changer le monde.
Alors oui, certains diront que ces jeunes et ces adultes retourneront à leurs vies, à leurs écrans, à leurs habitudes. Peut-être. Mais l’Esprit Saint aussi retournera les chercher. Il est patient. Il sait prendre les chemins de traverse. Il n’abandonne jamais ceux qu’il a marqués de son sceau.
Notre rôle, à nous, n’est pas de nous inquiéter de la suite. Il est de témoigner que cette vie dans l’Esprit est belle, qu’elle tient ses promesses, qu’elle vaut la peine d’être vécue pleinement.
Que l’Esprit Saint renouvelle nos vies.
Bonne Pentecôte à tous.
Cardinal François Bustillo
