La Toussaint : un itinéraire

Pour la Toussaint et pour le 2 novembre, nos terres de Corse connaissent de nombreux pèlerinages aux cimetières. Il s’agit d’un mouvement physique et spirituel vers nos racines. Il est tout à fait juste de garder la mémoire de nos défunts parce qu’ils nous rappellent notre destinée définitive. 
Nous sommes tous appelés à la sainteté or, en ce mois, les évêques de France, lors de l’Assemblée ordinaire à Lourdes, ont essayé de donner des réponses à des situations douloureuses créées par des membres de l’Eglise qui sont loin de la sainteté. Les évêques ont tenté de parler, non pas par de simples déclarations verbales, mais aussi par des gestes prophétiques. Nous avons vu les évêques à genoux, ils ont écouté les victimes et ils ont fait des choix de détachement par rapport aux biens immobiliers en vue d’un soutien concret aux victimes.  Ce que vous avez fait à l’un de ces petits… (cf. Matthieu 25, 40). L’Eglise ne peut pas tolérer le mal. Qui fait la vérité vient à la lumière (cf. Jean 3, 21). La vocation et la mission de l’Eglise sont d’être Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui. C’est pour cela que le désir de réparer le mal s’exprime par la volonté de rechercher le bien à travers des comportements bienveillants envers les personnes.
Nous avons partagé une journée de fraternité le 13 novembre à Corte en suivant l’appel du pape François. Une journée « Fratello » n’est pas juste une journée « pour » les pauvres. Il serait tragique de réduire l’attention aux pauvres et aux pauvretés à une journée par an. Cette journée doit nous sensibiliser à être attentifs aux autres surtout s’ils vivent des souffrances personnelles, physiques, morales, matérielles, spirituelles. Le Bon Samaritain (Luc 10, 25-37) est appelé « bon » parce qu’il agit avec bonté envers un homme blessé. Nous avons dans ce comportement un exemple simple et exigeant à suivre. 
Enfin, nous arrivons à la fin de l’année liturgique et nous commençons une nouvelle année avec l’Avent. Ce temps heureux est un temps de joie, d’espérance et d’avenir. Il nous faut plonger dans la spiritualité de l’engendrement pour retrouver la force et la joie dans notre vie chrétienne. Dans le diocèse 4 hommes vivent un temps précieux pour préparer leur diaconat au service de l’Eglise. Lors des dimanches de l’Avent ils recevront les ministères du lectorat et de l’acolytat dans leurs communautés ecclésiales de vie. Portons-les dans la prière.

+ Mgr François Bustillo, évêque d’Ajaccio pour la Corse