Ombres et lumières de l’Église

Ce mois d’octobre, mois de Marie, nous l’avons commencé avec notre traditionnel pèlerinage à Lourdes. La ville mariale nourrit la vie des pèlerins par la grâce de la Vierge Marie. En nous déplaçant physiquement nous avons souhaité nous déplacer intérieurement. Notre vie spirituelle a besoin d’évoluer grâce au contact de lieux, de paroles ou d e gestes qui nous élèvent. 
Or, pendant notre séjour aux pieds des Pyrénées nous avons reçu le tsunami du rapport Sauvé. Nous avons assisté à des millions de commentaires dans les télévisions, les radios, les journaux. L’Église de France a voulu faire un travail de vérité par rapport au fléau des abus sexuels. Ce travail est douloureux mais il faut l’assumer avec honte et souffrance. 
Nos pensées et nos prières vont, bien évidemment, vers les victimes. Les abus de pouvoir et abus sexuels ont abîmé des vies innocentes. Il est terrifiant d’imaginer que le prêtre, l’homme du sacré, a massacré des v ies. L’Église ne doit pas protéger l’institution mais les personnes. 
Oui, cette page sombre des dernières 70 années de l’histoire de l’Église en France nous touche et nous fragilise. Mais, nous ne pouvons pas nous limiter à constater les dégâts. La maturité humaine et spirituelle nous pousse à réagir en écrivant des pages lumineuses pour réparer le mal fait. La réparation exige le sens de la responsabilité et de l’espérance. 
Si des hommes d’Église ont fait le mal d ans le passé, aujourd’hui nous devons apprendre de l’histoire pour nous appliquer à faire le Bien. Le comportement des prêtres doit être toujours exemplaire. Le prêtre est l’homme qui suscite la confiance. 
Dans notre Église de Corse nous voulons croire au sens de la responsabilité et de l’authenticité dans la mission sacerdotale. Avec les prêtres et les diacres nous nous engageons, par notre mission, au respect, à la bienveillance et au détachement dans nos contacts. Notre priorité sera le Bien de chaque personne. 
Notre conscience et notre intelligence nous animent à accueillir le mal fait mais, surtout, à t ravailler intensément pour le bien à faire. 
+ Mgr François Bustillo, évêque d’Ajaccio pour la Corse