Merci la Corse !

Ce n’est évidemment pas sans une certaine émotion que j’écris ce dernier édito… Au moment où je m’apprête à quitter la Corse, de nombreux souvenirs remontent à ma mémoire. Après ces 8 ans et 8 mois passés ici, je n’ai pas de bilan personnel à faire. Un évêque, en effet, ne fait rien tout seul. Il doit surtout susciter et encourager une œuvre collective. C’est ensemble que nous avons travaillé à renforcer l’unité dans le diocèse, c’est ensemble que nous avons creusé le sillon d’une foi enracinée en Jésus-Christ, une foi « pratiquée et mise en pratique »… C’est ensemble que nous avons encouragé des initiatives caritatives et missionnaires. 

Plein de gratitude pour tout ce que j’ai reçu ici, je n’oublierai pas la Corse ! Je prie pour vous et pour votre prochain évêque. Avec lui, vous écrirez une nouvelle page de l’histoire de l’Eglise qui est en Corse. Entre autres souhaits, j’espère que vous pourrez rapidement inaugurer la nouvelle église Saint-Jean-Paul II de Porticcio et la nouvelle école Sainte-Dévote de Porto-Vecchio ! 

Ma nomination à Lyon a été pour moi une grande surprise. J’ai choisi de faire confiance, sachant que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort » (1 Co 1,27). Les défis à relever dans le diocèse de Lyon sont très importants, mais c’est l’Eglise tout entière qui traverse une période de turbulences. Ce n’est pas la première fois dans son histoire. Si nous nous contentons de « faire le dos rond », cette crise ne servira à rien. Mais si nous la saisissons comme une opportunité pour nous remettre en question et revenir à une foi plus authentique, alors la mission en sera renouvelée. 

Les temps sont favorables. La société est traversée par des vents contraires où se mêle le meilleur et le pire. De grandes aspirations pour une vie plus harmonieuse et paisible côtoient une frénésie de consommation qui dérègle les équilibres intimes de la vie humaine et de son environnement. Dans ce brouillard idéologique, notre société est comme perdue, en quête d’une boussole. 

En tant que chrétiens, nous devons rejoindre ce monde dans ce qu’il a de beau, tout en ayant le courage de nous démarquer de ce qui est déviant. Jésus-Christ est la boussole, le chemin qui conduit à la paix. Efforçons-nous de le suivre, et n’ayons pas peur de le désigner, de l’annoncer. Il est notre salut ! 

Que la Vierge Marie, Reine de la Corse, veille sur vous. N’oubliez pas de prier pour moi.

+ Olivier de Germay

Archevêque nommé de Lyon,

Administrateur d’Ajaccio