IL EST VIVANT, LE CHRIST !

C’est le cri de joie de notre pape François, adressé aux jeunes du monde entier dans sa dernière exhortation. Ce cri exprime l’allégresse de toute l’Église, qui chante en ce temps pascal la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ.

Dans l’introduction solennelle de la lettre aux Romains, saint Paul écrit ceci : « Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle, (…) je m’adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome. Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David, selon l’Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. » (Romains 1, 1.2b-4)

Le cœur de la joyeuse proclamation de l’Église, le « kérygme » apostolique, c’est une double annonce. D’une part, Christ est vainqueur de la mort. Sa victoire est remportée sur la croix : victoire de l’amour sur la haine, du pardon sur la rancune, victoire du don de soi sur l’égoïsme, de la confiance en Dieu sur l’exaltation du moi. D’autre part, Dieu notre Père, dans son amour, nous donne part à la victoire de son Fils, si nous laissons l’Esprit Saint nous unir au Christ et nous transformer à son image.

La création nouvelle surgit enfin. Dans un monde portant les germes de sa ruine, avec ses injustices, ses cruautés, ses catastrophes en tous genres, les souffrances, la mort des innocents, dans cette « vallée de larmes » qu’est souvent notre terre, une aurore de consolation s’est levée. Le Christ a assumé dans sa chair, dans sa mort, tout ce qui défigure la création : son exécution fut le sommet du péché des hommes ! Mais Jésus y a fondé en lui-même, par son obéissance dans l’amour et sa résurrection, une humanité nouvelle libérée du péché et de la mort.

À nous d’accueillir cette libération, par notre union au Christ. À nous de nous laisser pardonner, réparer, transformer par l’Esprit du Seigneur ressuscité, afin de devenir toujours davantage les enfants de celui que Jésus nous invite à appeler Abba, Père. À nous de prier et d’agir pour que l’Église, née du côté transpercé du Christ crucifié, soit toujours mieux cette famille fervente, aimante, accueillante, ouverte aux pauvres et aux exclus, qui est signe et commencement du Royaume de Dieu, Église où la consolation de la résurrection n’est pas une parole en l’air, mais une réalité offerte à chacun.

Que ce même Esprit Saint nous comble d’une joyeuse et profonde gratitude. Ne cessons jamais de faire nôtres ces paroles de Pierre dans sa première lettre : « Béni soit Dieu, le Père de Jésus Christ notre Seigneur : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni souillure ni vieillissement. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, en vue du salut qui est prêt à se manifester à la fin des temps. » (1 Pierre 1, 3-5)

Oui, chers frères et sœurs, que la joyeuse nouvelle de Pâques nous illumine ! Dans cette lumière, tournons nos regards vers l’accomplissement du Royaume de Dieu qui grandit mystérieusement en nous, tendons nos êtres vers la plénitude de la création nouvelle en redisant cette prière de la dernière page de la Bible : « Viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22, 20)

+ Jean-Yves Coeroli
VIcaire général du Diocèse d’Ajaccio