« La force dans la mission, greffée au Christ… »

Pierre et Paul, colonnes de l’Église, nous sont donnés en exemple !

Pierre et Paul, apôtres du Christ représentent les deux piliers de l’Église et témoins de la foi qui ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du salut. Selon le Catéchisme de l’Église catholique, Pierre, appelé à être le fondement de l’Église, nous rappelle l’importance d’une foi vivante et du témoignage personnel du Christ. Paul, quant à lui, nous exhorte à vivre la vocation chrétienne avec courage et dévouement, en apportant la Bonne Nouvelle du Christ à toutes les nations.

  1. Leur seule espérance à tout deux, c’est Jésus.

On comprend que cette question est toujours actuelle dans notre monde moderne. Chaque disciple du Christ est appelé aujourd’hui à professer sa foi profonde en Lui, comme Pierre et les autres disciples, y compris Paul, au milieu de nombreuses opinions différentes concernant Sa personne parmi les gens. Et cette prise de position claire est fondamentale pour témoigner et partager la foi avec les autres.

  1. « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

La profession de foi de Pierre dans l’Évangile de Matthieu complète et, en même temps, explicite les autres formes plus simples rapportées par les évangélistes Marc (« Tu es le Messie ») et Luc (« Tu es le Messie de Dieu »).

Jésus est annoncé comme étant le Christ, ce qui signifie le Messie en hébreu, ce qui veut dire « l’oint ». C’est donc l’Oint de Dieu, annoncé par les prophètes des temps anciens et qui était attendu et espéré par le Peuple élu à la fin des temps. Alors que dans l’histoire d’Israël plusieurs rois, prêtres et même dans certains cas des prophètes étaient les oints de Dieu, la réponse de Pierre à Jésus souligne l’identité singulière de Jésus en tant que Messie, l’Oint des oints, l’unique et définitif, envoyé par Dieu pour sauver son peuple. De plus, dans les mots de Pierre, nous entrevoyons non seulement une affirmation de type intellectuel mais surtout une expression d’adhésion à la personne de Jésus en tant que Christ dans lequel les apôtres se confient désormais et en qui ils mettent toute leur espérance. Il est donc « Celui qui doit venir » dans le monde, comme cela s’est révélé à     Jean-Baptiste en prison ou comme le déclarera Marthe dans l’Évangile de Jean : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » (Jn 11,27). Avec la venue de Jésus le Christ-Messie s’ouvre pour le Peuple élu et pour le monde entier l’ère messianique annoncée et attendue, dans laquelle chacun s’assied sous la vigne et le figuier, pour reprendre l’image employée par les prophètes.

En professant que Jésus est le Fils du Dieu Vivant, Pierre déclare sa foi dans la nature divine particulière de Jésus en lien avec le Dieu unique d’Israël, celui qui s’est révélé à Moïse simplement comme « Je suis », Celui qui est. A ce titre, déjà dans la tradition biblique juive, on appelait « fils de Dieu » les anges et différents hommes. Cependant, comme le relève le Catéchisme de l’Église Catholique, dans cette profession de Pierre on reconnaît « le caractère transcendant de la filiation divine du Messie Jésus » (nn 442-443). C’est tellement vrai que dans l’Evangile de Jean, Pierre déclarera au nom du petit groupe des quelques-uns qui sont restés avec Jésus pendant ladite crise de Galilée, lorsque « beaucoup de ses disciples rebroussèrent chemin et n’étaient plus avec lui », après le discours « difficile » « Je suis le pain de la vie » : « Nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jn 6,69). De la même manière, l’unicité de Jésus, Fils de Dieu, est souligné avec l’expression « Fils unique du Père » ou simplement le Fils.

  1. « La puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle »

Parmi les évangélistes qui racontent le même épisode à Césarée de Philippe, seul saint Matthieu rapporte la réponse de Jésus à Pierre, après la profession de foi de ce dernier. Ce sont des mots inspirés et profonds qui ont fait l’objet de réflexions, d’études, de débats théologiques qui ont duré des siècles (avec entretemps quelques litiges qui sont parvenus jusqu’à nos jours !). Du point de vue spirituel et dans un temps limité, nous nous arrêtons seulement sur deux observations pour bien comprendre le discours.

Tout d’abord, nous notons le caractère particulier du langage de Jésus dans cette louange à Pierre. D’un côté, on voit dans le discours l’abondance d’expressions juives reprenant la forme des béatitudes (Heureux sois-tu, Simon…) « ni la chair, ni le sang… » (pour signifier la nature humaine), le binôme lier-délier le jeu de mots basé sur le nouveau nom de Simon comme « Céphas » – pierre, rocher. Cela reflète un Jésus proche et bien enraciné dans la tradition de son peuple

Jésus nous révèle son projet entre la relation étroite du Royaume des Cieux et l’Église qu’Il a annoncé construire sur cette pierre qui est la personne de Simon Pierre.

Il faut souligner à ce propos que Jésus parle de son Église et de son action d’édification sur la pierre qui est Simon-Pierre. En d’autres termes, l’Église est du Christ qui la construit et non de Pierre qui, avec sa profession de foi, reste un instrument, pour la fondation de celle-ci. On se rappelle que le Christ lui-même est perçu comme le rocher et en tant que tel, il n’y a aucun fondement si ce n’est le Christ lui-même. Ainsi il faut comprendre les mots de Jésus à Pierre dans un sens inclusif : pour l’édification de l’Église, Pierre sera la pierre en Christ – l’unique pierre d’angle et le fondement de tout, et cela par la volonté du Christ lui-même. De cette manière, on peut comprendre que malgré la faiblesse humaine de Pierre et de tous les autres dans l’Église, les portes de l’enfer ne prévaudront par sur elle, parce que derrière Pierre et généralement derrière toute l’Église, il y a Jésus, le Christ, le Fils du Dieu Vivant qui soutient autant l’un que l’autre. Du reste, Jésus a dit lui-même à Pierre et aux autres disciples avant la Passion ; « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Lc 22, 31-32).

Ainsi, comme l’Apôtre Paul, désormais proche du martyre, il se présente comme un athlète qui a livré le bon combat, a achevé la course et a gardé la foi (cf. 2 Tm 4, 6-8.17-18). Son témoignage nous incite à persévérer dans la foi, même lorsque le cheminement chrétien-missionnaire devient ardu, car la récompense promise par Dieu est grande : la couronne de justice et la vie éternelle.

Pierre et Paul nous enseignent que la foi exige courage, humilité et fidélité. Leur vie est une invitation à reconnaître Jésus comme le Christ, le Fils de Dieu, et à témoigner de cette foi avec cohérence et amour, même face aux épreuves et aux persécutions. Leur témoignage nous encourage à être d’authentiques témoins de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, toujours confiants dans l’aide de Dieu qui nous soutient et nous guide. Prions pour que, à l’exemple des saints apôtres Pierre et Paul, nous soyons de fidèles et fervents disciples-missionnaires du Christ, instruments de paix et d’espérance, apportant l’Évangile à tous, avec joie et persévérance.

Bel été à vous tous…

                                                                       Abbé Frédéric Constant

 

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