L’abbé Pierre Bertoni, prêtre

  • Pouvez-vous nous expliquer votre cheminement au séminaire d’Aix ?
Entré en année de propédeutique en septembre 2015, j’ai poursuivi ma formation au séminaire d’Aix-en-Provence pour les deux années de premier cycle (philosophie) et les trois de second cycle (théologie). Il s’agit pour chaque séminariste d’approfondir sa vocation à partir des quatre piliers de la formation, quatre dimensions qui doivent participer à fonder l’unité de la personne du futur prêtre : les dimensions humaine, intellectuelle, pastorale et spirituelle. La richesse, la diversité et la complémentarité des enseignements, la qualité des formateurs tant prêtres que laïcs m’ont ouvert des chemins et des domaines de connaissances, de savoir-faire et de savoir être qu’il m’appartient de continuer à explorer et à déployer tout au long de mon ministère au service de l’Eglise. L’étude de l’Ancien et du Nouveau Testaments restera pour moi une source inépuisable d’enseignements qui ouvrent à la vraie vie et au bonheur.
  • Quelle seraient pour vous les points d’insistance de votre ministère de prêtre ?
L’accueil, l’écoute, la miséricorde et l’espérance. 
L’accueil, car notre Eglise a besoin d’ouvrir les portes, nos communautés doivent devenir des lieux ouverts et chaleureux où l’on sente que les chrétiens sont heureux d’annoncer et de partager ce trésor inouï de la Parole de Dieu et de la personne du Christ qui se donne dans les sacrements. 
L’écoute, car notre monde hyper connecté n’est pas vraiment attentif aux interrogations profondes et essentielles de nos concitoyens ; il ne faudrait pas que l’Eglise calque son agir sur celui du monde. Les jeunes notamment sont en quête d’absolu et le pape les invite souvent à rêver en grand. Il faut entendre ce qu’ils ont à nous dire, ce qu’ils proposent pour rendre le monde meilleur. 
La miséricorde, car elle vient de Dieu et c’est le don réparateur dont le monde a besoin aujourd’hui. 
Enfin l’espérance que l’on doit à nos contemporains qui passent de déceptions en désillusions dans une société occidentale qui a perdu le sens de la vie. C’est un devoir impérieux pour l’Eglise et singulièrement en Corse. 
  • Quels sont à votre avis les défis qui se présentent à l’Église de Corse ?
Les prêtres, les diacres, les religieux et les communautés chrétiennes de Corse ont initié depuis longtemps un formidable travail d’évangélisation en semant jour après jour des paroles de foi, d’espérance et de charité que le Seigneur fera germer et grandir dans les cœurs de nos concitoyens. Mais Dieu nous demande de participer activement et généreusement à son dessein d’amour pour que se déploie son Royaume, la fraternité entre tous les hommes et les femmes comme nous y invite le pape François dans sa dernière encyclique Fratelli tutti que tout le monde devrait lire d’ailleurs. 
Je pense en particulier aux confréries corses qui auront un rôle de plus en plus important à jouer. A nous, les prêtres du diocèse, de nous mettre en route avec toutes celles et ceux qui sont de bonne volonté pour déployer, dans l’humilité et la gratuité, ces potentialités qui, nous devons l’espérer, ne tarderont pas à donner des fruits.
La joie doit animer tous nos projets, nos assemblées et nos rêves ; et il serait bien de cesser de nous lamenter sur nous-mêmes et sur la situation de la pratique religieuse : l’Eglise a connu des périodes pires que la nôtre. Sachons voir le côté plein de la bouteille ! C’est Dieu seul qui dirige son Eglise et qui sait par quels chemins la mener et par quelles épreuves la faire passer pour la rendre belle et féconde. Faisons-Lui confiance et allons de l’avant sans préjugé, sans découragement et sans idéologie, mais avec la foi qui nous vient de nos ancêtres et un cœur ouvert aux réalités de notre temps. 
La radicalité de l’Evangile nous invite à rejeter le désespoir et la médiocrité, pour nous mettre à l’écoute du Maître qui nous donne la vie véritable, le bonheur sans fin.
Chì u Signore ci accumpagni sempre nant’à isse chjasse di vita è di felicità, è chì a Vergine Maria c’insegni a vera fede in Cristu, u nostru Salvadore.
È cusì sia.