Le Carême, une chance pour la vie chrétienne !

Un des temps liturgiques que l’Eglise nous donne, le carême, est le temps qui nous prépare à la fête de Pâques. Ce n’est pas un simple temps d’attente mais plutôt un temps d’entrainement pour vivre pleinement la joie de la Résurrection. Cet entrainement consiste à vivre déjà la joie du temps pascal car depuis l’évènement de la résurrection du Christ chaque baptisé est invité à vivre en homme et femme ressuscité. 

Le danger est qu’en définissant le carême par la prière, le jeûne et le partage nous pourrions le réduire à une liste de cases à cocher. Le carême ne serait alors qu’un temps pour faire des prières, pratiquer le jeûne et de partager avec les autres. Il n’y a pas besoin d’être chrétien pour prier, jeûner ou partager… N’importe quel croyant peut prier, n’importe quel homme peut jeûner pour le bien de son corps et même partager avec ceux qui sont dans le besoin par pur humanisme. Heureusement d’ailleurs !

Ce qui distingue notre démarche de celle des autres c’est que ce temps nous entraine à être en prière, en relation avec Dieu, à nous recentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire nous reconnaitre enfants de Dieu et proches de chacun et à favoriser une justice sociale. 

Le carême est comme un temps de retraite spirituelle, un temps au désert, pour approfondir la relation avec Dieu afin de pouvoir vivre toute l’année en enfant de lumière. Ce temps propice à la conversion n’est pas un temps isolé du reste de ma vie. C’est un temps où je prends du recul sur mes activités pour identifier mes tiédeurs et défauts et m’améliorer. 

La pénitence n’est pas une fin en soi, mais la recherche d’une plus grande disponibilité intérieure qui libère.

Une disponibilité pour témoigner. Avoir l’esprit et le cœur disponibles permet de donner la première place à Dieu dans ma vie pour pouvoir témoigner au monde du Christ ressuscité vivant dans son Eglise.

Une disponibilité pour servir. Le monde dans lequel nous sommes envoyés attend que nous lui donnions la lumière du Christ. Le chemin pour aller vers Dieu est le service, un des visages de la charité, de l’amour. C’est en nous mettant au service des autres, tel que décrit dans le jugement dernier dans l’évangile de Mathieu, que nous nous rapprochons de Dieu.

Une disponibilité pour agir. Agir en faveur des autres pour faire grandir en moi, dans l’Eglise et dans le monde la Charité à travers des actes concrets. Mettre l’amour à la place de la haine, le pardon à la place de l’offense, la vie à la place de la mort…

Disponible pour renaître. Le temps du carême nous est donné chaque année afin de renaître, de passer de la mort à la vie, de vivre davantage du Christ qui est la vie même de Dieu. C’est ce même chemin, proposé aux catéchumènes qui cheminent vers le baptême, qui nous est proposé afin de redécouvrir notre vocation baptismale : être témoins de l’amour de Dieu qui a offert son Fils au monde pour son Salut. 

Ainsi disponibles nous pouvons cheminer vers Pâques en vivant une démarche spirituelle pour accueillir le don de Dieu pour chaque baptisé. Cela passe par une conversion radicale qui consiste à accorder le quotidien de notre vie à ce que doit être notre vie dans le Royaume de Dieu : une vie pleine de justice, d’amour et de paix. Un temps favorable à la conversion pour que toute notre vie soit une offrande agréable aux yeux de Dieu.

Enfin remarquons que le carême est le temps de la joie comme nous le rappelle le dimanche de Laetare. Dans l’évangile selon saint Matthieu le Christ nous appelle à ne pas avoir un air triste lorsque nous jeûnons. La joie que nous devons vivre pendant le carême est la même joie qui culminera le jour de Pâques et que nous chanterons dans l’Exultet. La joie d’appartenir au corps du Christ ressuscité qui nous nourrit et nous fait entrer en communion avec le Père.

P. Louis el Rahi