Départ de Mgr de Germay

Mgr Olivier de Germay, né le 18 septembre 1960 à Tours, a été ordonné évêque à Ajaccio le 14 avril 2012, et nommé archevêque de Lyon le 22 octobre 2020.

Vous dites que vous avez appris votre ministère d’évêque en Corse. Que pourriez-vous souligner de particulier ?

En arrivant ici en avril 2012, j’avais tout à découvrir de la Corse et, bien qu’ayant été plusieurs années vicaire épiscopal à Toulouse, je n’avais aucune expérience directe du ministère épiscopal, qui comporte de nombreuses facettes. Il a fallu apprendre à me situer vis-à-vis du clergé, des communautés religieuses, des laïcs en responsabilité, des salariés du diocèse, des personnalités du monde politique, associatif, de la Province ecclésiastique… apprendre à gérer et articuler les questions pastorales, financières, immobilières, juridiques, etc. J’ai donc appris tout cela « sur le tas », au contact des Corses, et en particulier de mes collaborateurs les plus proches qui ont su faire preuve de bienveillance et de patience avec moi. J’ai conscience d’avoir encore beaucoup de choses à apprendre, surtout lorsque je regarde le diocèse de Lyon qui est bien différent de la Corse. Je repars en tout cas avec cette conviction que, dans l’Eglise, tout responsable doit non seulement impliquer ceux dont il a la charge dans les décisions qu’il prend, mais aussi susciter une attitude collective de prière. Même si tous n’ont pas la même fonction dans l’Eglise, c’est l’ensemble du Corps du Christ qui doit discerner la volonté de Dieu et l’accomplir.

Notre Église a pour mission de témoigner du Christ. Quels sont à votre avis les atouts de nos communautés corses ?

Un des atouts de la Corse est d’avoir su ne pas se laisser engloutir par le flot d’une sous-culture mondialisée qui uniformise et efface toutes les différences. La Corse est fière de sa culture et de ses traditions, qui sont pour la plupart des traditions religieuses. L’Eglise fait ici partie du paysage et le rapport à la laïcité est apaisé. Bien sûr, cela ne suffit pas pour relever le défi de la transmission de la foi. La sécularisation touche aussi la Corse ! Cela dit, on voit ici des hommes et des femmes qui prennent ou reprennent conscience de l’importance d’entretenir leur relation personnelle au Christ, de nourrir leur foi grâce en particulier à l’eucharistie. Chez ces personnes grandit le désir de témoigner du Christ, ce qui est plein d’espérance. L’avenir de l’Eglise en Corse est lié à ce renouveau missionnaire qui concerne tous les baptisés car, comme le dit souvent le pape François, tout disciple du Christ est appelé à être missionnaire. On voit apparaître aujourd’hui en Corse de nouvelles initiatives missionnaires. Elles ne remplacent pas mais s’ajoutent à celles, plus classiques, qui existent déjà. Bien entendu, l’évangélisation dans le contexte actuel n’est pas facile, mais elle répond à une véritable attente. En effet, beaucoup de nos contemporains sont déçus par le matérialisme et sont en quête de sens et de spiritualité.

Pouvez-vous nous partager quelques beaux souvenirs que vous garderez de notre île ?

Je pense tout d’abord aux nombreuses fêtes patronales auxquelles j’ai participé. J’y ai toujours constaté une grande ferveur et expérimenté une grande chaleur humaine, le plus souvent dans un cadre magnifique. Ce sont des moments d’exception que je n’oublierai pas. Parmi les beaux souvenirs, il y a aussi les retraites que j’ai animées pour les catéchistes ou les catéchumènes. Nous y avons vécu des moments très riches, dans un climat fraternel, avec de beaux échanges et de beaux moments de prière. J’ai été témoin de la façon dont l’Esprit Saint pouvait toucher le cœur de personnes parfois encore éloignées de la foi et de l’Eglise. Et puis, je n’oublie pas bien sûr les ascensions en montagne que j’ai pu faire. Trop rares à mon goût, mais toujours magnifiques !

Vous nous quitterez bientôt pour le diocèse de Lyon, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

C’est tout d’abord, évidemment, un arrachement de quitter la Corse après avoir passé un peu moins de 9 ans sur l’Ile de Beauté. Jusqu’ici, je n’avais jamais passé plus de 7 ans sans déménager… Je n’oublie pas que j’ai été ordonné évêque sur la terre corse ! C’est aussi un vrai bouleversement d’être nommé archevêque de Lyon. C’est un gros diocèse qui a une histoire très ancienne et très riche, mais aussi une histoire récente douloureuse. De nombreuses personnes m’ont promis de prier pour moi. J’aurai effectivement bien besoin de la grâce de Dieu pour cette nouvelle mission ! Chì Diu vi benedica !

+ Olivier de Germay

Administrateur d’Ajaccio

Archevêque nommé de Lyon