Se reposer avec le Christ

L’été permet à certains d’entre nous de prendre un peu de repos, de faire une coupure avec les activités professionnelles ou simplement avec le quotidien de la vie. Si nous voulons être fidèles à notre baptême, c’est-à-dire vivre avec le Christ, comment pourrions-nous envisager des vacances sans lui ?

Rappelons-nous. Lorsque les Apôtres rentrent de mission, Jésus leur adresse cette invitation : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » Alors, ils partent en barque pour un endroit désert, à l’écart. (Marc 6, 31.32) Et ils partent avec Jésus. De façon inattendue, les Apôtres vivront ensuite la multiplication des pains, la tempête dans la barque sans Jésus et l’apparition du Christ marchant sur les eaux ! Ces événements annoncent le Jeudi Saint (institution de l’Eucharistie), le Vendredi Saint (mort de Jésus) et le jour de Pâques (venue du Christ ressuscité).

Cet Évangile nous apprend que nos vacances avec le Christ, invitation à nous reposer avec lui, ne sont pas destinées à être un vide spirituel, mais bien le contraire ! Nos vacances sont un appel à nous recentrer sur l’essentiel, à retrouver ce qui fait le cœur de notre foi, à renouveler notre relation avec le Seigneur.

Partons donc du double commandement de l’amour, amour de Dieu et amour du prochain, dans un esprit de gratitude. Sachons dire merci à Dieu pour la création, pour la beauté de la nature… C’est à travers elle que le Père nous nourrit, nous réjouit, nous interroge. Comment cultivons-nous et gardons-nous cette création pour qu’elle reste belle et hospitalière ? Comment portons-nous secours à ceux qui sont victimes d’une création encore imparfaite, avec ses tempêtes, ses inondations, ses maladies ?

Rappelons-nous aussi ce que nous devons à nos proches, à notre famille, à nos amis : affection, bonheur partagé, soutien. Osons leur dire merci, par des mots simples, de petites attentions. À travers eux, le Christ nous rencontre, nous encourage, nous questionne. Comment prenons-nous soin de nos proches, comment résolvons-nous les conflits ? Acceptons-nous de demander pardon et de pardonner ? Si des ruptures se sont produites, comment soignons-nous les blessures ?

Cette « dette d’amour » que nous avons, envers Dieu et nos proches, nous invite à aimer davantage. Laissons l’Esprit Saint nous conduire au chemin de la prière, de la lecture de l’Évangile, du silence en présence du Christ. Qu’il nous aide à approfondir avec délicatesse la qualité de relation avec nos proches, notamment si nous partageons des loisirs avec eux.

L’amour ne passera jamais, nous dit saint Paul (1 Corinthiens 13, 8). Ayons entre nous un amour intense, car l’amour couvre une multitude de péchés, nous dit saint Pierre (1 Pierre 4, 8). Cet amour, répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné (Romains 5,5), fait de nous de vrais enfants du Père (1 Jean 4, 7), de vrais imitateurs du Christ (Jean 15, 12) ; cet amour est déjà en nous vie éternelle (1 Jean 3, 14).

Que nos vacances nous ramènent donc à l’amour ; que l’Esprit Saint nous unisse au Christ mort et ressuscité, dans l’Évangile et l’Eucharistie notamment, pour nous introduire dès maintenant dans l’intimité de Dieu notre Père.

Jean-Yves Coeroli