A la rencontre de Jean Cuiconi

Indéfectible serviteur de la paroisse de L’Ile-Rousse, mais aussi Auteur Compositeur Interprète. Partons à sa rencontre… 

Expliquez-nous votre parcours au sein de votre paroisse ? 

Je suis engagé dans la paroisse de L’Ile-Rousse depuis 21 ans ; je me suis occupé de la catéchèse des enfants pendant 15 ans et plus particulièrement des chants.

Je fais partie de l’EAIP pour notre ensemble regroupant onze paroisses. Au presbytère j’ai organisé quelques rencontres sur des thèmes importants : la maladie, la souffrance et la mort, la foi et la raison, la religion et la science, l’amour… avec toujours un prêtre et deux autres intervenants.

Avec Maia mon épouse, elle à la flûte et moi à la guitare, nous accompagnons parfois notre curé le père Marcin, pour animer les messes dominicales dans les villages alentour.

Il y a aussi le couvent de Corbara qui est important pour ma vie spirituelle, j’y vais souvent pour les temps d’adoration eucharistique, parfois pour animer la messe et aussi pour les enseignements solides et enrichissants des frères de Saint-Jean avec  lesquels je suis en communion, ayant avec eux de bons rapports fraternels.

Racontez-nous une anecdote survenue dans vos activités ? 

Avec ma femme nous avons animé, dans certaines paroisses de Haute-Corse, et durant une douzaine d’années, plusieurs soirées de louange et de méditation, avec des chants que nous avions composés, ainsi que des veillées d’adoration et des « dimanches autrement ».

Je garde un très bon souvenir, lors d’une veillée à Belgodère, d’une famille en vacances dont les enfants avaient pleuré de joie et étaient venus nous embrasser pour nous remercier ; ce fut un grand moment de partage dans la foi.  

En tant que musicien-chanteur, vous faites partie de l’Eglise en Corse…  

En tant qu’artiste et chrétien pratiquant je ressens de la tristesse et de l’amertume devant ce qui se passe en Balagne (et ailleurs)  : nous sommes plusieurs fidèles à être préoccupés par l’utilisation abusive des églises par les manifestations culturelles. De nombreux concerts et d’autres événements, lors des fêtes ou de foires, et certaines animations, n’ont rien à voir avec le caractère sacré des églises  et leur destination principale. Le Seigneur doit beaucoup en souffrir. 

Cette situation est source de confusion pour tout le monde. je pense, et plusieurs fidèles le pensent aussi. Il est nécessaire d’envisager une table ronde avec toutes les personnes concernées, en demandant à l’Esprit Saint de nous inspirer et de nous guider afin de trouver une solution qui prenne en compte avant tout le respect des lieux sacrés et le travail des artistes professionnels proches de la culture chrétienne. Je suis conscient que cette situation est problématique, mais dans la foi, l’espérance et la charité qui nous animent, et en écoutant la parole de Dieu, nous pourrons, tous ensemble, trouver une solution harmonieuse.

Propos recueillis par François-Antoine Isoni