A la rencontre de Jean-Pierre Maisetti

Inlassable serviteur de la paroisse de la cathédrale d’Ajaccio, mais aussi du diocèse, Jean-Pierre Maisetti a été décoré de l’ordre du mérite diocésain en janvier dernier. Partons à sa rencontre… 

Expliquez-nous votre parcours au sein du diocèse ? 

Je suis un laïc pratiquant, engagé bénévole, au service de la paroisse de la cathédrale d’Ajaccio, en qualité de servant d’autel, et ponctuellement auprès de l’évêché, en qualité de chauffeur et/ou d’accompagnateur. 

Mon engagement au sein de l’Église de Corse a débuté en 1957, en intégrant la quarantaine d’enfants de chœur de la cathédrale, et en ayant fait partie du Mouvement de Jeunesse Catholique des Cœurs Vaillants entre les années 1956 et 1959. 

En apprentissage professionnel, j’ai adhéré, en 1963, à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), comme membre, ensuite comme responsable en 1966. Nous avons participé aux deux grands rassemblements nationaux, Paris 67 et Objectif 74, accompagnés de notre aumônier, l’abbé Jean-Baptiste Rabazzani, alors vicaire de la cathédrale. 

Entre temps, sur proposition du chanoine François Maestroni, alors curé-archiprêtre de la cathédrale, j’ai intégré successivement le Conseil paroissial et le Conseil économique et fait partie d’un groupe liturgique composé de jeunes formés par le père Léon Verplancke, alors vicaire de la cathédrale. 

Ma famille respecte mon engagement à servir la paroisse auprès des archiprêtres successifs et des évêques en tant que chauffeur, évêques que je continue à servir respectueusement dans la plus grande discrétion.   

Racontez-nous une anecdote survenue dans vos activités ? 

Je garde d’excellents souvenirs de tous ces évêques qui se sont succédés à la tête du diocèse d’Ajaccio, et tout particulièrement de Monseigneur André Lacrampe, qui m’a sollicité dès son arrivée en Corse, pour l’accompagner dans toutes ses tournées pastorales à travers l’île. Avec cet évêque, nous avons découvert ensemble la Corse en sillonnant les routes de l’île du Nord au Sud. Parmi tous ces souvenirs, l’un m’a particulièrement marqué : 

Lors du premier colloque organisé par l’Église de Corse à Corte, un samedi d’avril 1999, nous avons franchi le col de Vizzavona sous un soleil printanier et une météo clémente. 

A la fin de la cérémonie de clôture, nous avons été informés qu’à la suite d’importantes chutes de neige survenues depuis la fin de la matinée, le col était impraticable sauf avec des équipements spéciaux. 

En tant que chauffeur, une certaine anxiété me gagne, car les pneus neige de la voiture ont été retirés trois jours auparavant. 

La réaction de l’évêque m’a stupéfié : « Vous franchirez le col de Vizzavona sans équipements spéciaux, tout simplement en écoutant les conseils d’un montagnard pyrénéen ! »

Effectivement nous avons franchi sans encombre le col. Malgré tout je n’avais jamais ressenti un tel stress, car trois passagers dépendaient de ma conduite sur ce sol glacé. 

Quel est votre ressenti après avoir été décoré de l’ordre du mérite diocésain ? 

Je tiens à remercier tout particulièrement le père Jean-Toussaint Micaletti, curé-archiprêtre de la cathédrale d’Ajaccio et Monseigneur Olivier de Germay, de la confiance qu’ils m’ont témoignée par la remise de cette médaille, le jour de l’épiphanie, le 6 janvier 2019. J’espère rester digne de leur confiance accordée. 

J’espère et souhaite continuer mon engagement à servir ma paroisse et à rester disponible pour le diocèse d’Ajaccio, fidèle à la devise « Servir » inscrit sur un petit insigne agrafé sur mon aube d’enfant de chœur par le curé-archiprêtre François Maestroni, en 1958.

Propos recueillis par F.Grimaldi d’Esdra