Riposate in santa pace o sgiò curà !

Dans la nuit du 2 au 3 novembre dernier, l’abbé Jean-Claude Mondoloni rendait son âme à Dieu après 37 années de sacerdoce, dont 35 en tant que curé des paroisses des unités paroissiales de Morosaglia et Ponte-Leccia.

Il est né au Liban il y a 79 ans et a grandi au cours des pérégrinations familiales. Son lien avec la Corse était incarné par son grand-père, auprès de qui il disait avoir passé les plus belles années de sa vie. C’est sur son île qu’il choisit d’exercer son ministère sacerdotal. Par son tempérament sanguin, ses « coups de gueule », sa soutane qu’il ne quittait jamais, par ses prises de positions politiques et médiatiques, l’abbé Mondoloni était une figure, un « personnage » haut en couleur de notre île et de notre Église diocésaine. Ces dernières années, de nombreux reportages, y compris au niveau national, lui ont été consacrés. Si cela faisait partie de son être, de son identité, l’abbé Mondoloni ne pouvait pas ni se réduire ni être réduit à cela. 

Il était passionné par la Sainte Écriture et par la théologie. Il essayait surtout de vivre l’engagement évangélique au quotidien. Il voulait annoncer le Christ aux femmes et aux hommes de notre temps. Pour cela il s’appuyait particulièrement sur un contact direct, l’entretien, le débat, la disputatio. Il le faisait de manière épurée, « brut de décoffrage », c’était son style, c’était lui. Cette simplicité, il la vivait chaque jour, dans un rapport aux choses matérielles d’une très grande liberté. Ce trait de sa personnalité a beaucoup marqué ceux qui l’ont approché. Il partageait tout ce qu’il avait. 

Ces dernières années, l’épreuve de la maladie, celle de Parkinson puis ces derniers mois le cancer, lui ont permis de rendre encore témoignage au Maître : il a vécu ces moments avec courage, assumant son ministère sacerdotal au-delà de ses propres forces. Par ses propos et ses actes, il a montré sa foi en Celui qui est Vivant, en Celui qui nous a préparé une place auprès de Lui.

Il a dit « Adieu » à ceux qui sont allés le voir une dernière fois avec le sourire vrai, la sérénité, et je dirais même l’impatience, de rencontrer Jésus. 

Riposate in santa pace o sgiò curà !

Par l’abbé Olivier Culioli.