Journée diocésaine des confréries

Les membres des confréries ont été nombreux à répondre présents à l’invitation de l’équipe diocésaine di e cunfraternite di Corsica en participant au grand rassemblement qui a eu lieu le samedi 20 octobre en l’église Notre-Dame des Victoires de Lupinu. Venus de toutes les pieve de l’île les participants ont ainsi manifesté l’importance de leur engagement en confrérie à travers cette journée marquée par des temps de prière, de réflexion, de rencontre et de partage.

Après l’accueil du Père évêque la matinée a été entièrement consacrée aux 4 carrefours qui étaient proposés par les organisateurs : l’engagement caritatif et social ; la formation et l’évangélisation ; l’implication dans la vie des paroisses ; le lien à la tradition. 

Engagement caritatif et social

Tous types de précarités existent en Corse avec une augmentation constante de la population vivant sous le seuil de pauvreté. On peut dire que beaucoup de confréries apportent des aides aux associations caritatives sous forme de collectes de fonds ou de denrées alimentaires très régulièrement pour des actions locales ou plus ponctuellement pour l’international. Il est ressorti des débats tout l’intérêt d’œuvrer en lien avec ces associations face aux difficultés à aider directement des personnes identifiées comme « précaires » dans un village ou un quartier où tout le monde se connaît. Le maillage et la connaissance du terrain permettent souvent de déceler des situations difficiles et de faire le lien avec les associations ou les services sociaux. Le rôle de « veilleurs » que tiennent les confréries au sein de la société est assorti au respect de la confidentialité des situations et de la dignité des personnes.

L’anonymat de celui qui donne et de celui qui reçoit est une dimension essentielle de la charité confraternelle. Les confréries contribuent à recréer du lien social. Elles donnent ainsi une reconnaissance aux individus et les valorisent. L’engagement des confréries dans des actions de solidarité de tous ordres est une réalité d’Église qui signifie l’Amour de Dieu pour les plus petits, perpétuant ainsi le rôle des premières confréries inspirées par l’esprit franciscain.

Formation et évangélisation 

Pour la formation et l’évangélisation, nous pouvons constater des différences entre les confréries du rural pouvant regrouper des pieve et celles des villes rattachées  chacune à une paroisse. Pour accueillir les novices, il conviendrait de proposer à chacun un cheminement d’approfondissement de la foi et d’apprentissage de la vie en Église, notamment à travers la préparation aux sacrements.  Les jeunes intègrent souvent une confrérie du fait de leur attachement aux chants traditionnels et à la culture corses mais, avec l’aide des confrères plus âgés, ils peuvent aller plus loin. Il faut souligner qu’une bonne entente avec le curé est très importante car il est l’accompagnateur de la confrérie dans sa croissance spirituelle… Les confréries doivent montrer l’exemple d’une foi vécue ; les formations,  soit en interne soit avec le diocèse,  y contribuent.

Implication dans la vie des paroisses

Un certain nombre de confréries participent bien à la vie des paroisses. Des confrères vont visiter les malades aussi bien à domicile que dans les hôpitaux ou dans des maisons spécialisées. D’autres sont présents pour accompagner le deuil, durant les veillées, aux obsèques et au cimetière, auprès du prêtre ou du diacre. Quelques-uns enfin conduisent les funérailles en l’absence du clergé.
Lorsqu’elles sont sollicitées, beaucoup de confréries ont à cœur de revêtir leur tenue : elles donnent un message visible de leur foi et de leur appartenance à l’Église.  Leur témoignage dans les paroisses peut ainsi stimuler la ferveur et la fraternité dans les communautés chrétiennes.  

Le lien à la tradition 

La tradition consiste à transmettre les richesses du passé aux jeunes générations : la façon de vivre les rites et l’engagement caritatif n’est donc pas condamnée à la sclérose. Nous remarquons certaines évolutions dans cette transmission :  une cérémonie, par exemple, autrefois toute en latin, laisse maintenant place au français et au corse. Une confrérie est une aventure humaine, spirituelle donc en perpétuelle remise en question.

Par les organisateurs de la journée.