Des messes bientôt célébrées en langue corse

Ecoutez l’interview de Monseigneur de Germay au micro de la RCF.

Le missel en langue corse…

Lors de leur dernière assemblée plénière, les évêques français ont décidé d’entreprendre les démarches nécessaires auprès du Vatican en vue de la traduction du missel romain en langue corse.

Des messes en corse seront-elles bientôt célébrées sur l’île de Beauté ? C’est bien l’enjeu de ce dossier qui pourrait paraître technique : la traduction du Missel romain — livre liturgique qui rassemble les textes et indications rituelles et musicales, nécessaires à la célébration de la messe par le prêtre, selon le rite romain — en langue corse.

Réunis pour leur assemblée plénière à Lourdes du 3 au 8 novembre, les évêques français ont décidé d’entreprendre les démarches nécessaires en vue de cette traduction, auprès de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, au Vatican.

« Dans l’Église, pour l’instant, certaines lectures peuvent être en corse et j’ai, par ailleurs, mis en place une commission depuis au moins trois ans qui travaille sur un missel en langue corse mais cela demande du temps et doit être validé par le Vatican », expliquait en février à La Croix, Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio. « Ainsi, à terme, il pourrait y avoir de temps en temps des messes en corse. »

La commission évoquée s’est notamment appuyée sur une traduction corse du missel français de 1971, mais aussi sur le processus qui a conduit à la reconnaissance romaine du missel en langue bretonne. Pour avancer, et entamer les démarches auprès du Saint-Siège, le diocèse avait besoin de l’accord de la conférence des évêques de France (CEF). Ce qui est désormais le cas.

Rapidement après son installation en 2012, Mgr de Germay a senti l’importance de ce dossier pour de nombreux catholiques de Corse.

« Tous les Corses ne sont pas forcément demandeurs, a-t-il toutefois précisé sur les ondes de RCF, depuis Lourdes. Certains y sont très attachés, d’autres sont plus indifférents. Pour nous, c’est la prise en compte d’une réalité culturelle. La langue fait partie de la culture corse. Les Corses passent du français au corse et inversement dans leurs discussions. L’Église prend en compte la réalité culturelle de l’endroit où elle est. »

Le diocèse va désormais pouvoir envoyer les travaux de traduction menés par sa commission — composée notamment d’universitaires et spécialistes en latin et en grec — sur ce sujet à Rome et solliciter son approbation.

« La liturgie exprime la foi de l’Église, donc si une traduction est mal faite, cela peut tromper les gens et donner une vision fausse de la foi », a souligné Mgr de Germay sur RCF qui a également précisé qu’il ne « s’agira pas de célébrer la messe en corse tous les jours », mais que « cela concernera les fêtes patronales les plus importantes » comme celle du celle du 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge à laquelle la Corse est consacrée depuis 1735.

Article recueilli sur le site La-croix.com, signé A. Bevilacqua