La Via Lucis de la Scupiccia.

Via Lucis, Cervione, sentier de la Scupiccia, 10 juin 2018.Ce dimanche, sur le sentier de la Scupiccia on a inauguré et béni la Via Lucis, « Chemin de Lumière », 14 stations qui sont 14 épisodes de la vie de Jésus, de la Résurrection à la Pentecôte. L’Eucharistie célébrée à la Scupiccia était présidée par le P. Jean-Yves Coeroli, vicaire général du diocèse d’Ajaccio.

La Scupiccia (750 m d’altitude) est un petit sanctuaire marial qui abrite une belle statue de Marie, Assunta Gloriosa, vénérée localement dans la région.

La Madone de la Scupiccia

La légende raconte qu’au 16e siècle, des pirates ont coulé un navire chargé d’une statue de la Vierge Marie et de son autel. Ces œuvres auraient été sculptées à Florence, elles étaient destinées à la cathédrale de Cordoue en Andalousie, une cathédrale dédiée à la Vierge. Vu la beauté de cette statue les habitants de la région de Cervione, les Campulurinchi, décidèrent très vite de lui consacrer un lieu de culte.

Le clergé et la population le baptisèrent A Madonna di a Scupiccia, du lieu-dit où elle a été déposée. Cette statue, aujourd’hui classée par les Beaux-Arts, est abritée dans une chapelle reconstruite au 17e siècle. Tout le monde l’appelle encore aujourd’hui la Madone de la Scupiccia, et chaque 15 août on lui rend hommage.

Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 153 : Via Lucis 

« À une époque récente, un pieux exercice, dénommé Via Lucis, s’est répandu dans certaines régions. En prenant modèle sur la Via Crucis (chemin de croix), les fidèles, pendant la Via Lucis, sont invités à parcourir un itinéraire en considérant successivement les différentes apparitions, qui permirent à Jésus — depuis sa Résurrection jusqu’à son Ascension, et dans la perspective de la Parousie — de manifester sa gloire à ses disciples, en attendant qu’ils reçoivent l’Esprit Saint qu’il leur avait promis, de conforter leur foi, de porter à leur accomplissement ses nombreux enseignements sur le Royaume et, enfin, de définir la structure sacramentelle et hiérarchique de l’Église. Le pieux exercice de la Via Lucis permet aux fidèles d’évoquer l’événement central de la foi — la Résurrection du Christ — et leur condition de disciples, que le sacrement pascal du baptême a fait passer des ténèbres du péché à la lumière de la grâce. À notre époque, d’une manière équivalente, la Via Lucis peut permettre de rendre présent auprès des fidèles le second moment si vital de la Pâque du Seigneur, la Résurrection, à condition que ce pieux exercice se déroule dans une grande fidélité par rapport au texte évangélique. On dit communément per crucem ad lucem  — « par la croix jusqu’à la lumière » — il est vrai que la Via Lucis peut en outre devenir une excellente pédagogie de la foi.

« De fait, la Via Lucis, avec la métaphore du chemin à parcourir, permet aux fidèles de mieux comprendre l’itinéraire spirituel, qui part de la constatation de la réalité de la souffrance qui, selon le dessein de Dieu, ne constitue pas le point d’ancrage définitif de la vie humaine, et aboutit à l’espérance de rejoindre le vrai but poursuivi par chaque homme : la libération, la joie, la paix, qui sont des valeurs essentiellement pascales.

« Enfin, dans une société souvent marquée par l’angoisse et le néant, qui caractérisent la « culture de la mort », la Via Lucis constitue au contraire un stimulant efficace permettant d’instaurer une « culture de la vie », c’est-à-dire une culture ouverte aux attentes de l’espérance et aux certitudes de la foi. » 

Par le père Richard Slowikowski.

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