La sainteté, c’est pour tous !

L’exhortation apostolique Gaudete et exsultate que le pape François a publiée le 19 mars dernier appelle chaque chrétien à la sainteté et surtout, le guide et l’accompagne dans ce cheminement personnel.

L’appel à la sainteté, indique le premier chapitre, est adressé à chacun d’entre nous, « ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même », à partir de son baptême et du don de l’Esprit Saint. Le pape épingle quelques gestes concrets de sainteté, dans le détail de la vie quotidienne, « vivre le moment présent en le comblant d’amour ». A chacun le pape dit : « N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. »

Ainsi mis en chemin, le chrétien doit se garder de deux dangers : croire que c’est la connaissance qui nous rend meilleurs et saints, croire que c’est par nos efforts, par notre volonté, que nous accédons à la perfection. Dans les deux cas nous manquons l’essentiel qui est de s’ouvrir à la présence de Dieu, laquelle est don gratuit et prend parfois des voies insoupçonnées. N’oublions jamais que « Dieu est mystérieusement présent dans toute personne, même quand l’existence de cette personne a été un désastre ».

Mais alors, comment fait-on pour être un bon chrétien, pour être saint ? En mettant en œuvre les béatitudes, dans lesquelles se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies. Chaque béatitude est chemin de sainteté. Etre pauvre de cœur, c’est cela la sainteté, savoir pleurer avec les autres, c’est cela la sainteté, semer la paix autour de nous, c’est cela la sainteté ; des exemples concrets montrent comment, par exemple, « donner et pardonner, c’est essayer de reproduire dans nos vies un petit reflet de la perfection de Dieu ». Notre prière, notre culte, plaisent à Dieu « quand nous laissons le don reçu de Dieu se traduire dans le don de nous-mêmes aux frères ».

Dans le monde actuel, il n’est pas facile de vivre les béatitudes ! Cela suppose un style de vie que le pape résume en cinq caractéristiques. Le chapitre quatre les analyse en commençant par l’endurance : être solidement axé sur Dieu qui aime et soutient  donne une force intérieure qui permet de supporter les contrariétés, d’être patient et constant dans le bien. Ensuite le pape relève la joie et le sens de l’humour, car « le saint, sans perdre le réalisme, éclaire les autres avec un esprit positif et rempli d’espérance ». Audace et ferveur doivent compenser notre engourdissement dans le confort :  n’hésitons pas à aller au large, vers les autres, aux périphéries, nous savons que Jésus nous y devance, il y est déjà. La quatrième caractéristique du style de la sainteté, c’est l’engagement en communauté, soit en paroisse, en famille ou en communauté religieuse ; la vie y est faite de tant de détails quotidiens de l’amour ! Enfin, pas de sainteté sans prière « bien qu’il ne s’agisse pas nécessairement de longs moment ou de sentiments intenses ». « La lecture priante de la Parole de Dieu appartient au cœur et à l’identité même de la vie chrétienne. »

Devenir saint, souligne le dernier chapitre, est un combat permanent, contre le Mal, le Malin qui nous empoisonne par la haine, la tristesse ou les vices ; le meilleur contrepoids au mal, c’est de ne pas rester au point mort, de progresser dans le don de soi, dans l’amour. Dans la vie chrétienne, discerner ce qui vient de Dieu est souvent difficile : la réflexion n’y suffit pas toujours, c’est un don qu’il faut demander. Ce qui est en jeu, c’est le sens de ma vie devant le Père qui me connaît et qui m’aime…

Puisse ce petit résumé donner à chacun l’envie de lire ce beau texte et d’y trouver sa voie !

Par Joseph Fini.