Le diocèse

L’histoire du Diocèse

Si l’introduction du christianisme en Corse est maintenant datée avec précision, grâce à l’archéologie, fin du 1er, début du 2e siècle, il n’en va pas de même pour les évêchés. L’antiquité du siège épiscopal d’Ajaccio a été directement rattachée au nom de saint Euphrase qui, bien avant Saint Jean-Baptiste, fut le patron et titulaire de l’antique cathédrale. À la recherche de « lettres de noblesses », l’Eglise d’Ajaccio crut, comme beaucoup d’églises méditerranéennes, se découvrir une origine apostolique, assez tard il est vrai. À défaut de saint Paul, qui a longtemps encombré les généalogies, et dont le passage en Corse n’est pas démontré, on eut recours à l’un de ses disciples. Profitant vraisemblablement d’une homonymie, le choix se porta sur saint Euphrase.

L’existence de l’évêché d’Ajaccio est indiscutable à la fin du 6e siècle. Elle est attestée par le Pape Grégoire Ier. Dans une lettre du 17 juin 601, il invitait le clergé et le peuple d’Ajaccio, diu sine episcopo, à élire un nouvel évêque.

Le premier nom d’évêque que nous connaissons avec certitude est celui du Corse Benoît. Sa présence est signalée en 649 au Concile de Latran qui condamna le monothélisme. Par deux fois, il y prend la parole. Parmi les 105 évêques qui y assistaient, il est cité au septième rang, après le pape Martin Ier.

Lorsque le christianisme eut débordé des cités épiscopales, pour se propager dans les parties montagneuses de l’île, le relief du pays fixa naturellement les limites des diocèses. Celui d’Ajaccio englobait douze pièves. La ville haute de ­Bonifacio en fut détachée en 1516, et directement rattachée à l’Archevêque de Gênes. Les limites du diocèse d’Ajaccio demeureront inchangées jusqu’à la Révolution Française.

Le 12 juillet 1790, l’Assemblée constituante décrète la suppression de tous les anciens évêchés, pour n’en conserver qu’un seul par département. Le siège est fixé à Bastia. Tous les évêques de Corse, ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé, émigrèrent en Italie. Conformément à la nouvelle loi, Ignace-François Guasco, ci-devant chanoine, prévôt de la cathédrale Sainte-Marie de Bastia et vicaire général de Mariana, est élu évêque le 28 mai 1791. In extremis, il se rétractera publiquement le 23 décembre 1794.

Le dernier évêque d’Ajaccio d’Ancien Régime fut Benoît André Doria. Né le 20 novembre 1722 à ­Rogliano, il fut nommé évêque d’Ajaccio le 28 décembre 1759. Il émigra vers la fin de 1791. Décédé à la Spezia, le 17 septembre 1794, il y fut inhumé dans l’église de l’Assomption.

Le diocèse d’Ajaccio, rétabli par le Concordat du 15 juillet 1801, fut érigé canoniquement par la bulle pontificale le 13 décembre suivant. Il devenait suffragant de l’Archevêché d’Aix en ­Provence. Jusqu’en 1816, son territoire s’étendra jusqu’aux îles d’Elbe et de Capraia et la Principauté de Piombino, devenues pour un temps possessions françaises. Depuis cette époque, ses limites n’ont plus subi de modifications.

Vers la fin du régime concordataire, le diocèse d’Ajaccio comprenait 10 cures de 1ère classe, 50 cures de 2e classe, 347 succursales et 91 vicariats rétribués par le Trésor Public, 12 par les fabriques, 1 par la commune. En 1976, 420 paroisses pour 365 communes sont regroupées en 5 districts (avec vicaire épiscopal) et 15 vicariats forains (dont 2 urbains correspondants aux districts Ajaccio et Bastia), puis en 10 vicariats forains et 2 secteurs urbains. A compter du 1er mai 2001, suite au Synode diocésain (1997-2000) sont constituées 6 régions pastorales : Ajaccio-Vicolais-Taravo, ­Sartenais-Bonifacio-Porto-Vecchio, Plaine Orientale, ­Nebbio-Golo, ­Bastia – Biguglia – Cap Corse, ­Balagne – Cortenais.

Quelques chiffres

SUPERFICIE : 868 147 Ha

POPULATION TOTALE : 322 120

COMMUNES : 355

PAROISSES : 434

PAROISSES RÉSIDENTIELLES : 59

RÉGIONS PASTORALES : 4

PRÊTRES : 59

DIACRES : 15