Annoncer le Christ, encore et toujours

évêqueSeptembre ; une nouvelle année pastorale commence. Que ce soit dans les paroisses, dans les communautés religieuses, les services diocésains, l’enseignement catholique, au sein des confréries, des mouvements et associations de fidèles… de nombreuses activités se mettent en place. Pour certains — je pense en particulier aux prêtres et aux diacres — la reprise n’est pas évidente car, avec la chaleur et l’afflux de touristes, l’été en Corse n’est pas de tout repos.

Dans ce contexte, peut-être n’est-il pas superflu de rappeler que le but de l’action pastorale de l’Eglise est l’évangélisation. Comme l’écrivait le Pape Paul VI dans son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi toujours d’actualité, « la tâche d’évangéliser tous les hommes constitue la mission essentielle de l’Eglise » (EN 14).  Annoncer le Christ, permettre aux hommes et aux femmes que nous rencontrons de faire l’expérience de sa présence, de découvrir et de progresser dans la connaissance de son insondable mystère, telle doit être la visée de toutes nos actions.

Cela peut paraître évident mais, ne nous y trompons pas, le risque est grand pour chacun d’entre nous de « fonctionner », parfois avec beaucoup de générosité, en oubliant d’être habité par cette sainte inquiétude qui faisait dire à saint Paul : « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile »

(1 Co 9,16).

Si nous oublions cet « impératif évangélique », la sécularisation de notre société risque bien de tout emporter sur son passage. Nous ne pourrions pas maintenir longtemps ce qui ressemble parfois à une apparence de vie chrétienne si nous nous contentions de satisfaire des demandes de sacrements réduits à la fonction d’un rite social. Chacune de ces demandes doit être accueillie avec bienveillance mais comme une opportunité pour annoncer le Christ.

L’annonce de l’Evangile de Jésus-Christ est notre « cœur de métier », ce sans quoi tout le reste perd son sens. Ce souci constant doit présider à chacune de nos rencontres. Il n’est certes pas toujours possible de parler explicitement du Christ à chacune d’entre elles, et il s’agit souvent d’être d’abord à l’écoute, de prendre le temps de cheminer avec ceux que nous rencontrons. Mais notre désir doit être de les amener à Jésus, et peu importe si notre rôle n’aura été que celui d’un instrument anonyme et vite oublié. Cette « conversion pastorale » à laquelle nous sommes appelés suppose au moins deux choses :

Tout d’abord notre conversion personnelle. Elle ne doit jamais être considérée comme acquise. Comme le montre si bien l’apôtre Paul, l’évangélisation nous associe de près aux souffrances du Christ (cf. en particulier la lettre aux Philippiens). Grande alors est la tentation de rechercher un ministère moins exposé, plus facile et valorisant aux yeux du monde, mais en nous conduisant finalement « en ennemis de la Croix du Christ » (Ph 3,18). Comme l’écrivait le Pape Paul VI dans le texte cité plus haut, « il faut que notre zèle évangélisateur jaillisse d’une véritable sainteté de vie alimentée par la prière et surtout par l’amour de l’Eucharistie » (EN 76).

La seconde nécessité est d’avoir sans cesse recours à l’action de l’Esprit Saint. Dans ce même texte, Paul VI rappelait qu’ « il est l’agent principal de l’évangélisation » (EN 75). C’est pourquoi notre premier souci doit être de nous laisser guider par lui. Ne passons pas une journée sans l’invoquer !

En ce début d’année, prions les uns pour les autres et mettons-nous sous le regard maternel de la Vierge Marie, lui demandant de nous apprendre la docilité à l’Esprit Saint. Bonne rentrée pastorale à tous !