Crise de la Foi en Corse

lundi 28 janvier 2013
par P. de Casabianca
popularité : 3%

"Bastia : la crise de la foi, maladie infantile ?"

 

PNG - 87.7 ko

Que faire pour animer la place d’armes de Bastia, propre, rénovée, mais assurément encore un peu vide ? Pour Pierre Marri, responsable de l’association Le Tournesol, une solution : convoquer un marché bio et lui adjoindre un débat public. Au menu de samedi dernier, l’évêque de Corse, un représentant musulman et un membre de la confrérie Saint Charles, le tout assaisonné de crise de la Foi

Pierre Marri est journaliste et cela se sent bien. Même si officiellement ce n’est pas cette toque qu’il a revêtue ce samedi, elle flotte encore au dessus de sa tête : "Comment se fait-il que les églises catholiques se vident alors que les confréries corses se remplissent ? N’y aurait-il pas insuffisamment de Dieu chez les Catholiques mais trop chez les Musulmans ? Y aurait-il donc une crise de la Foi en Corse ?"

Un mauvais passage ?

Pour les trois intervenants, crise de la Foi, sans doute il y a. Mais cela n’est qu’un passage. Pour Mounir, représentant de la communauté musulmane, "la crise de la soi est une maladie infantile. On peut espérer un retour à l’âge adulte". Dans l’assistance, un représentant juif confirme : "face à la perte de la Foi, nous devons réagir par l’éducation et l’exemple".

Pour Monseigneur de Germay cependant, si le thème de la crise est vendeur, accrocheur, ce n’est pas une raison pour tomber dans un excès de facilité, dans une analyse de surface : "Si on veut comprendre la crise de la Foi, il faut se pencher sur la crise de la société. Ce n’est pas qu’une crise économique que nous connaissons : c’est beaucoup plus fondamental. Nous faisons face à une crise de la pensée qui se cristallise autour d’une crise de la vérité et de la liberté. La vérité est parfois devenue comme un mot repoussoir, source de suspicion dont on reprocherait l’intransigeance figée. En réalité, la liberté s’appauvrit en permettant de faire tout et son contraire.."

Sortie de crise

Comment dès lors affronter cette crise, comment s’en extraire ? Pour Pierre Pancrazi, membre de la confrérie Saint Charles de Bastia, il est important de se souvenir de notre identité et d’en comprendre les rites qui sont porteurs de sens : "Des jeunes sont devenus membres de confréries. Ils en respectent la vêture mais ne savent pas pourquoi ils sont confrères. Je dois leur rappeler qu’ils ont été choisis par Dieu, quant bien même celui-ci les aurait sollicités au bar du village."

Monseigneur de Germay confirme cette vision en en précisant la portée : "On a supprimé les rites parce qu’on les a jugés hypocrites et on a en fait tout supprimé. Les confréries permettent d’enrayer l’abandon des traditions et l’appauvrissement de notre foi qui va avec. Les rites sont la porte d’une démarche spirituelle." A nous de l’ouvrir.

Lire l’article complet dans Eglise de Corse de mars.


Navigation